dimanche 17 février 2013

L'Uruguay fait l'histoire de Liebig

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un produit et d'une compagnie qui révolutionnera le quotidien de nombreuses personnes dans le monde (surtout en Europe) et qui avait une partie de ses origines à Fray Bentos en Uruguay.

Un produit révolutionnaire qui sera inventé par un allemand, mis en place industriellement par des allemands, des anglais et des belges en Uruguay et exporté mondialement. Vous allez me dire comment un petit pays comme l’Uruguay peut exporter quelque chose mondialement alors que beaucoup de gens ne savent même pas placer ce pays sur une carte.

Voici l’histoire de la compagnie Liebig qui s'installa en Uruguay et qui laissera une empreinte comme un des moments industriels les plus marquants de ce pays et du monde industrialisé.


Qui est Liebig?

En 1840, le baron Justus von Liebig, (mai 1803 - avril 1873) né à Darmstadt en Allemagne, développe un extrait de bœuf concentré afin de fournir une alternative bon marché avec un substitut de viande très nutritif appelé Extractum Carnis. Un produit pour ceux qui ne pouvaient pas se permettre d’acheter de la viande car celle-ci était hors de prix à cette époque.

Monsieur von Liebig, père de la chimie organique effectuera ses vrais premiers tests en 1847 dans les laboratoires allemands à Giessen. Il analyse les substances qui composent la viande et en retire sa recette d'un extrait de viande qu'il rêve de voir produire en Argentine, au Mexique ou en Australie où se trouve de grands troupeaux de bovins. Produit qui deviendra le célèbre bouillon cube avec lequel tout le monde a grandi avec.

Pourquoi l’Amérique du Sud?

C’était des pays où des milliers de bœufs étaient abattus pour le cuir et la graisse mais dont la viande elle-même était jetée, faute d'avoir les moyens de conservation pour l'exportation (ceci bien avant la popularité de la mise en conserve ou de la congélation de la viande). On pouvait donc trouver le coût de la viande à un tiers du coût de la viande européenne. Cet extrait dont les médecins pouvaient, en toutes circonstances, prescrire ce bouillon d'une qualité constante et d'une force voulue aux malades.


Il gardera jalousement ce projet dans l’attente d’une réalisation qui permettrait d’assurer la qualité suprême du produit et surtout d’attirer des propositions de développement qui, malheureusement ne se présenteront pas comme il l’espérait. Le produit final manquait d’onctuosité et de moelleux.

L’ère Liebig en Uruguay

Heinrich Georg Giebert, un jeune ingénieur allemand d'Hambourg, suivait avec intérêt les travaux de Justus von Liebig. Monsieur von Liebig recevra une offre de Giebert par écrit afin de se rencontrer pour discuter de l'ouverture d'une usine de fabrication en Amérique du Sud. Celui-ci acceptera l'offre de ce dernier car Liebig avait offert son invention à quiconque qui produirait son produit en Amérique du Sud à cause des coûts.

Jutus von Liebieg et son élève Max Joseph von Pettenkofer l'initient à la préparation et des expériences de production industrielle se déroulent entre 1850 et 1852 au laboratoire de la pharmacie royale de Munich, sous la direction de Pettenkofer.

Entre temps, Georg Giebert trouvera et sécurisera des fonds afin d’acheter les terres et les bâtiments grâce à un groupe de négociants qui inclut le groupe Cornelle David de Londres et les frères Otto et George Gunther d’Anvers.

En 1861, Giebert repart en Uruguay et séjournera à l’Estencia Nueva Mehlem (département du Río Negro) tenu par un autre allemand, Guillaume Hoffmann. Ils décideront d'installer l'usine proche de Villa Independencia qui deviendra plus tard Fray Bentos.

L'emplacement était parfait avec la possibilité de construire aussi un port fluvial adapté pour le transport de marchandises vers l’Europe. A l'origine, une partie de ces terres avaient été acquises vers 1858 par un anglais du nom de Richard Bannister Hughes (né à Liverpool en 1810) et qui regardait le fleuve comme un futur développement commercial (pas mal visionnaire le monsieur!). Le port naturel de Fray Bentos, quant à lui, avait été acheté par Guillaume Hoffman et l'irlandais Charles Lowry (né à Belfast en 1816). Fait à noter: un des premiers habitants qui s'installa dans le coin fut un négociant argentin d'origine basque française du nom de José Hargain en 1857. On peut dire que l'Europe se retrouvait dans le département du Rio Negro de l'autre coté de l'Atlantique!

Finalement, le lundi 1863, la Giebert et Compagnie naquit dans un petit garage loué par Richard Hughes situé à l'ouest de Villa Independencia.

Georg Giebert dirige l'élaboration du projet industriel du Saladero Liebig qui ne sera pas facile à Fray Bentos car d’une part, on ne trouve pas tous les matériaux de construction dans le pays et d’une autre part, il y aura une main d’œuvre manquante. C’est pour cela que l’on fera venir des ouvriers d’Angleterre.

En juin 1866, les machines, spécialement conçues et pensées par Giebert et qui équiperont l'usine arrivent d'Europe. Elles ont été fabriquées par Mc Clelland et Millwall de Glasgow.

Incroyable mais l’usine sera opérationnelle en 12 mois! Une véritable révolution industrielle se dessinait sur les rives du Río de la Plata pour longtemps.

Dans le guide Baedeker de l'Argentine de 1907, on y indique que l’établissement de salaison (Saladero) et d'extrait de viandes de la compagnie Liebig est "considéré comme un colossal établissement, connu dans le monde entier et le plus considérable d’Amérique du Sud où l'on consomme annuellement 200 000 bœufs, brûle 10 000 tonnes de charbon

Ci-contre, une affiche de Liebig où on peut apercevoir les célèbres Gauchos en bas à droite.

Lorsque Liebig reçoit les premiers échantillons  développés le long du fleuve Uruguay en 1864, il donnera l’autorisation d’utiliser le nom Liebig car le résultat est inattendu et d’une saveur, sans aucun doute, deux fois meilleure que celle obtenue en Allemagne.

Le protocole de travail est précis : la Liebig's Extract of Meat Company (LEMCO) expédie l'Extractum Carnis Liebig au port d’Anvers où un inspecteur effectue des prélèvements qu'il envoie à Munich pour analyse par Justus von Liebig et Max von Pettenkofer. Ils vérifient la qualité du produit comme toute absence de graisse, de gélatine ou de substance étrangère et renvoie à Anvers l'autorisation de mise en vente en pot sous étiquetage portant leur signature. C'est la première fois qu'une garantie de cette sorte est attribuée à un produit industriel.

Produit industriel qui demandait une quantité énorme de ressources car pour produire 1kg d'extrait de viande, on avait besoin de 32kg de viande mais le coté positif est que rien n’était perdu. En 1870 et sur ordre du baron Liebig à ses ingénieurs de Fray Bentos, on séchait, passait à la centrifuge et broyait le sang, les excréments et la panse des bovins ensemble. Ce mélange était utilisé comme fertilisant organique des sols. La peau était tannée pour le cuir et les sabots rentraient dans la fabrication de la colle.

Dans les premiers mois de fabrication, l'usine sortira jusqu’à 800kg d'extrait de viande qui montera jusqu'à 500 000kg dix ans après.

La compagnie va employer jusqu’à cinq milles ouvriers qui proviennent de plus de cinquante pays (Russie, Allemagne, Pologne, Espagne, Prusse, Tchécoslovaquie, Pérou, Grèce, Pays Baltes, Bolivie, Pays Basque, Argentine, Japon, Mongolie, etc) et qui révolutionnera le standard de vie des ouvriers. Mais il n'y avait pas d'ouvriers anglais car ils travaillaient seulement dans l'administration ou la gestion.

Toute la ville vivra au rythme de l'usine et la compagnie construira des maisons afin de loger ses employés, implantera un ramassage des déchets, amènera l'eau courante, etc. Fray Bentos est fameux aussi pour avoir ''allumé'' la première lampe électrique trois ans avant la ville de Montevideo (août 1883). Lampes directement achetées à la Edison & Co de l'Ohio.

En 1870, après avoir insisté durant de long mois, on obtient l'instauration d'un service médical dirigé par le docteur allemand Kemmerich qui offre ses services aux travailleurs et à leurs familles.

Le premier bateau avec un système de réfrigération au monde appelé le Frigorifique réalise son voyage inaugural avec les produits de la Liebig en mars 1873.

En mars 1874, Georg Giebert décède dans sa demeure appelée Casa Grande.

En 1878, la compagnie commence la production du Corned Beef de Fray Bentos.

Avec des fonds d'Europe et une demande grandissante, la Liebig Extract Meat Company s'agrandit encore plus. En 1887, l'usine atteint une telle taille que la main-d’œuvre aura ses propres quartiers autour de l'usine. En 1890, un nouveau quartier est ajouté et un hôpital suivra en 1895.

En 1899, création de la marque des bouillons cubes OXO  en Uruguay (et non en Angleterre) qui deviendra une marque mythique dans les pays anglo-saxons mais surtout pour les anglais.

Le kiosque à musique (photos ci-dessus et au bas de cette page) qui se trouve sur la place centrale de Fray Bentos a été offert à la ville par la compagnie Liebig qui, en 1902, l'a fait transporter des rivages de Cardiff aux rives du  département du Río Negro.

En 1903, la Liebig's Extract of Meat Company (LEMCO) acquiert le Saladero O'Connor à la Sociedad Argentina de Carnes (Société des viandes d'Argentine).

Les deux photos ci-dessus et ci-dessous montrent un monument à la gloire de la compagnie Liebig proche de l'usine.



On a permis aux enfants de devenir des travailleurs dès l'age de 14 ans mais seulement après l'achèvement de leur première années d'études à l'école de la compagnie Liebig et avec l'approbation de leurs parents. Bien qu'une journée de travail d'usine était autour de 16 heures, la vie d'un salarié de Liebig était bonne par rapport au reste du pays ou des pays limitrophes.

Selon l'historien René Boretto Ovalle, la ville fondée de toute pièce par la compagnie, appelée La Ranchada, et construit par les ouvriers avait un niveau de vie beaucoup plus haut que les zones environnantes. On trouvait aussi un golf (pour nos amis les anglais) et des courts de tennis, une équipe de football, un orchestre destiné aux ouvriers et à leurs enfants (les instruments, les vêtements et les professeurs étaient payés par la compagnie) ainsi qu'un centre culturel appelé La Estrella (l’étoile). La compagnie appuiera à la création d'une bibliothèque pour ses ouvriers.
L'usine Liebig en 1881
Le vice Consul de la Prusse qui résidait à Paysandú déménage sur Fray Bentos et emménagera dans l'ancienne maison, Casa Grande, de Giebert jusqu'en 1915.

La cheminée qui est le symbole historique et le point de repère de Fray Bentos sera inaugurée le 13 Juillet 1906. La structure en briques de 43 mètres de haut avec sa sirène qui donnait l'heure à la population locale et aux ouvriers avec son Pito del Anglo (coup de sifflet anglais) qui annonçait 7h, 11h et 17 heures.

Le premier directoire du Saladero Liebig sera composé d'Emmanuel Boutcher (Boutcher, Mortimer & Cia), de Charles Günther (Cornelle David & Cia de Londres), Irineu Evangelista de Souza, le Barón de Maua (London Brazilian & Maua Bank), Otto Gunther (président de la Chambre de Commerce d'Anvers, consul prussien et partenaire de Konings & Günther) et Félix Grisar (F. & G. Grisar Brokkers d'Anvers).

Le clou de l’histoire est que Justus von Liebig n'a jamais été en Uruguay mais a toujours reconnu une dette morale envers Fray Bentos et l’Uruguay. Grâce à Liebig, l'Europe connaît Fray Bentos et vice versa avec l'Uruguay qui fera le renom encore plus important de Liebig. Le surnom donné à la ville fut la "Cocinas más grandes del mundo" (plus grandes cuisines du monde).

Vu le succès, d’autres compagnies concurrentes développeront légalement des produits très semblables. Des grandes marques émergeront comme Knorr (Allemagne) en 1886, Maggi (Suisse) en 1887 et Bovril (Angleterre) en 1889 en autre.

La Première Guerre mondiale fut un test extrême car il y avait certaines contradictions assez difficile à résoudre. La société était composée de capitaux anglais et belges, qui alimenta les troupes alliées durant la guerre mais son image était trop attachée aux Allemands vaincus. Cela créera des tensions et des pressions qui entraînera une suspension momentanée du Saladero Liebig qui fut presque sur le point de fermer définitivement dans les derniers mois de 1918.

Finalement, l'usine sera vendu au Vestey Group Ltd de Liverpool en 1924 et renommée Frigorifico Anglo del Uruguay. Les frères William et Edmund Vestey joueront un rôle encore plus important à mettre le nom de Fray Bentos dans le quotidien des anglais et des colonies anglaises (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Rhodésie, etc) avec les bouillons cubes de la marque OXO et le célèbre Corned Beef de Fray Bentos.

Clin d’œil: Parlant de foot, le premier match ''international'' aura lieu à Fray Bentos en 1907 entre l’équipe Liebig composée à majorité d’étrangers contre une équipe composée d'anglais. L’équipe Liebig remportera le match 1-0.


Je continue, dans mon article suivant, de vous parler de l'histoire et l'impact des bouillons Oxo et du Corned Beef Fray Bentos.



A très bientôt.

16 commentaires:

  1. Bonjour

    Je suis en train de préparer un article sur l'histoire de Liebig à Anvers, mais bien sûr il me fallait commencer avec Justus von Liebig, Max von Pettenkofer et Georg Christian Giebert. Ce dernier me chiffonne vraiment. Pour l'instant, je n'ai trouvé aucune photo ou dessin de lui, ni l'année de sa naissance, et même son prénom semble poser des problèmes, puisque je vois que vous utilisez le nom Heinrich Georg... ? Certaines sources un peu risuqées tels que Wikipedia prétendent qu'il était Belge, d'autres sources qu'il était de Hambourg, mais peut-être était-il seulement né dans cette ville, et habitait-il à Anvers, où il y avait une très importante "colonie" d'émigrés Allemands. En somme, c'étaient souvent eux qui lançaient des initiatives commerciales importantes, plutôt que des Belges. Vous auriez remarqué qu'à ce moment, c'était un Allemand qui dirigeait la Chambre de Commerce, et ce ne serait pas le seul à le faire ! La colonie Allemande n'était pas la plus grande, mais elle était certainement la plus importante, jusque la fin de la première guerre mondiale. Après 1918, la plus grande partie de cette colonie quittait -souvent de force- Anvers. Mais il y avait aussi des familles Allemandes qui c'étaient montrées très loyales envers la Belgique: certains Allemands étaient déjà en Belgique depuis l'arrivé de Leopold I (de Saxe-Cobourg !), certains avaient depuis longtemps aquis la nationalité belge, et en 1914 certains voulaient même aller au front aux côtés des belges. On acceptait certaines candidatures, mais jamais pour servir dans les premiers rangs, pour éviter des fraternisations avec les "Allemands Allemands"... Avez vous plus d'informations sur Giebert, et peut-être une illustration de lui ?
    Cordialement
    Benoit Vanhees
    Anvers Belgique
    www.retroscoop.com

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  2. D'ailleurs, félicitations avec votre article très intéressante, qui contentient plusieurs éléments que je ne savais pas encore.

    VanheesBenoit@hotmail.com ou info@retroscoop.com

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  3. Merci Benoit de vos commentaires. Georg Giebert m'a posé aussi énormément de problèmes concernant ses origines. D’après ce que j'ai pu lire sur des sites espagnols, anglais, français, je penche plus du coté allemand que belge. De plus, l'Uruguay avait une colonie allemande assez importante dans le coin de Paysandu/Rio Negro. Giebert est allé chercher de l'argent à Anvers mais c'est tout. J'avais trouvé un site espagnol qui disait que Giebert avait séjourné au Brésil assez longtemps. Et du Bresil, il serait arrivé en Uruguay.
    Il existe au cimetière de Paysandu des Giebert mais je ne sais pas s'ils sont reliés à ce fameux Giebert. Sinon, impossible de trouver des photos aussi mais je n'ai pas cherché du coté du Brésil pour voir si les sources sont fiables.

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    1. Bonjour J F

      En effet, E. Kemmerich, je n'ai pas encore trouvé son prénom a fabriqué lui-même de l'extrait de viande sous son propre nom, sur le site d'enchères www.delcampe.com on peut trouver des chromos le démontrant bien. On y voit aussi que ses petits pots ressemblait très fort à ceux de Liebig. Dans mon article il y a aussi une longue liste chronologique d'articles publiés entre les 1850 et 1880's sur l'extrait de viande. On y voit que Kemmerich s'y intéressait de très fort. Entre quelle année et quelle année son entreprise a existé, c'est mystère et boule de gomme pour l'instant. Un vendeur Anversois très connu de chromos pense savoir que la firme fut rachetée par Liebig Cie. vers les 1900.

      Il est en effet amusant de lire que la firme Liebig fut crée par de l'argent belge et anglaise: l'argent "belge" vient clairement de la très puissante colonie allemande à Anvers. Même les Grisars sont originaire d'Allemagne. Certains de ces Allemands sont devenus des belges, mais ils continuaient de se marier entre eux. Beaucoup d'initiatives industrielles et commerciaux soit disant belge furent des initiatives de cette communauté très entreprenante. Cette 'colonie' fut vraiment décimé après la Grande Guerre: plus de 90 % des Allemands ou Allemands belges quiitèrent Anvers dans cette période...


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  4. Une des compagnies importantes de viande vers 1880/1900 fut la compagnie Kemmerich d’origine allemande ce qui montre la force des allemands (et des anglais) dans cette partie du monde (Argentine, Uruguay, Paraguay). Liebig a eu une grosse usine en Argentine a Fabrica Colon qui maintenant s’appelle Pueblo Liebig (province d'Entre Rios). Ils ont eu jusqu’à 3200 travailleurs.

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    1. Ah oui, comme je veut bien clairement vous nommer comme source que j'ai consulté, est-ce que JF = Jean François ?

      Cordialement
      Benoit

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  5. Il exista une troisième usine Liebig au Paraguay et qui ouvrira en 1923.

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  6. Quelques informations que j'ai concernant Kemmerich sont celle-ci:

    Le nom de la compagnie enregistrée en Argentine était la Compania de Productos Kemmerich.

    En octobre 1871, Eustaquio de la Riestra ouvra un abattoir de viande de salaison de bœuf à Santa Elena, sur le fleuve Parana (Argentine) avec un partenaire nommé Federico Gonzales. Cette usine fut rachetée en 1880 par l'allemande Kemmerich Cia

    La Compagnie de Produits Kemmerich fondée en 1884 reprendra les activités de la Société en commandite E. Kemmerich et Compagnie. La compagnie détenait quatre estancias (fermes d’élevage) et deux usines. A partir de 1894, ses usines travailleront pour la Compagnie Liebig.
    En 1904, la compagnie rencontrera une succession de difficultés et en 1909, elle vendra une partie de ses terres et ses usines à la Société Argentine Estate of Bovril.

    Il semble qu'il y a eu une reprise d'une compagnie (Société en commandite E. Kemmerich et Compagnie) par la même compagnie mais avec une raison sociale différente (Compania de Productos Kemmerich).

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  7. En tant que belge et cher voisin, je vous conseille de lire un livre (mais en espagnol) qui parle des investissements belges en Argentine: En Los Deltas de la Memoria: Bélgica y Argentina en Los Siglos XIX y XX. Il parle un peu de Kemmerich dont je cite quelques informations juste au-dessus.

    Oui, c'est Jean-François :)

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  8. Définitivement la societe Kemmerich était ancrée entre Anvers et Berlin et ses représentants faisaient partie du Club Aleman Sud-americano de Buenos Aires.

    Mais certains livres font référence à la société belge de Productos Kemmerich. Je suppose que les capitaux étaient belges mais le propriétaire était allemand. On cite le prénom d'Eduardo en espagnol mais je ne connais pas l’équivalent en allemand.

    Tapez sociedad Kemmerich, Argentina et vous allez trouver un peu d'info

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  9. Merci Jean François
    Entretemps j'ai copié des photos d'une enchère pour un portefeuille avec de l'argent Russe fac similé, un objet édité par la Société Kemmerich en 1911 pour leur 30 anniversaire, comme un message en lettres dorées l'indique: 1881-1911 30 anniversaire (en Russe) La société daterait donc d'avant 1884, et toute activité n'était pas encore terminé en 1911...

    En ce qui concerne Anvers, la société avait un bâtiment dans la rue Kipdorp, selon les reclames de cette époque. Tout comme Liebig, elle a aussi édité des chromos, et tout comme les petits pots d'extrait de viande de Liebig, on trouvait la signature fac simili de Kemmerich sur l'étiquette, sauf que Liebig signait en bleu et Kemmerich en rouge.

    Voici le lien vers la première partie de l'article sur Liebig en Belgique:
    http://www.retroscoop.com/industrieel.php?bt=Lees+meer&artikel=211

    La 2° partie ita sur la fabrique à Anvers, la 3° sur les different produits qui y furent produit, les objets de publicité et quelques mots sur les concurrents. (Si cela devient trop long j'en ferai une 4° partie)

    Malheureusement je ne lis pas l'espagnol :(

    Cordialement
    Benoit Vanhees



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  10. Benoit,

    J'ai pu lire votre article en m'aidant d'un outil de traduction mais j'ai trouvé votre article très complet sur Liebig et de belles photos anciennes. Bravo!
    Merci de m'avoir mentionné dans votre article mais cela m'a fait plaisir de vous donner quelques renseignements.
    Par contre, ayant parlé de Kemmerich maintenant, cela me pousse à la curiosité de voir si je peux trouver quelque chose d'autre sur eux.
    Cordialement

    JF

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  11. Bonjour Jean François
    Voici le lien vers les objets de Kemmerich sur le site d'enchères de Delcampe: http://www.delcampe.nl/items?language=D&searchString=kemmerich&cat=0&searchOptionForm%5BsearchMode%5D=extended&searchOptionForm%5BtermsToExclude%5D=&searchOptionForm%5BsearchTldCountry%5D=net&searchOptionForm%5BsearchInDescription%5D=N

    Tu y verras entre autre des pub avec un petit pot découpé, très beau ! Kemmerich avait aussi un bâtiment à Anvers, mais je ne trouve pas s'y c'était seulement un point de vente, un depot général ou une petite usine. L'extrait de viande, une fois arrivé en Europe devait en effet être transféré vers des plus petits pots, et pour cela il fallait un peu chauffer le produit, après les contrôles de qualité. Je ne sais pas si cela se faissait à Anvers, comme c'était le cas pour Liebig. A part Kemmerich, il y a eu plusieures autres firmes, vendant de l'extrait de viand ou des produits semblablese, les plus connues en Europe étant Bovril et Cibils, mais il y avait aussi une marque Italienne (au moins une), et des marques Américaines. Dans les années 30 on dirait qu'il y a eu encore des nouvelles marques, comme Sport Beef (en tout cas, les seules pub de cette firme que j'ai trouvé pour l'instant datent des années 30). La Cie Liebig a aussi dû entamer des procès contres des firmes qui trouvaient que le nom Liebig était devenu une propriété universelle, accèsible à tout le monde. Les enjeux étaient très importants, ça c'est clair... Si tu a une adresse e-mail, je veux bien envoyers les copies des photos que j'ai fait du portefeuille Kemmerich avec des pseudo billets Russes... Mon adresse email est VanheesBenoit@hotmail.com

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  12. J'ai entretemps aussi ajouté 5-6 chromos en couleur de Liebig du fin du 19ème siècle je crois sur Fray Bentos, ça en vaut la peine d'une fois aller revoir :) On y voit la production de suif, de guano (2), les chaudières etc.

    Salutations :)

    Benoit Vanhees

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  13. Bonjour Auriez vous de l'information sur l'usine de viande LA TRINIDAD en Uruguay?
    Merci

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