jeudi 14 mars 2013

Paraguay: Ciudad del Este & Itaipú

En faisant notre séjour aux superbes chutes d’Iguazú dont je reste encore sur des souvenirs fantastiques (voir mes articles: côté argentin et côté brésilien), nous avons fait un petit tour au Paraguay durant une journée. Le Paraguay qui se résumait juste à la ville la plus proche de la frontière brésilienne, Ciudad del Este ainsi que du barrage d'Itaipú. Si vous regardez une carte d’Amérique du sud, vous vous apercevrez que la ville n'est pas trop loin non plus du célèbre triangle que sont l'Argentine, le Brésil et le Paraguay. Triangle qui est appelé la triple frontière. Il existe un monument (El mirador) qui vous montre la jonction des trois pays en un point avec les trois drapeaux.

La plupart des tours opérateurs qui vont sur Iguazú font un tour dans cette ville du Paraguay étant donné qu'il y a juste le Puente de la Amistad (Pont de l’amitié) à passer et qui traverse le Rio Paraná. Vous découvrirez un paysage assez impressionnant du pont car celui-ci se trouve non pas au ras de l'eau, mais à une hauteur appréciable. La meilleure vue se fait quand même des bus car vous vous trouvez au dessus du flot des véhicules et des bipèdes humains mais tout en appréciant la beauté de la vue.


Donc, un pont à traverser mais disons le sans détour: quel bordel monstre! Incroyable de voir ce flot de camions, bus, voitures, motos taxi, bicyclettes, humains, animaux, etc. Heureusement que les humains sont protégés par une barrière quand même sur les côtés du pont. Donc, quand vous quittez le Brésil , vous passerez la Aduana Ponte Internacional da Amizade et de l'autre côté du pont, vous arrivez au Paraguay où....il n'y a pas de douanes. Enfin, on voit bien des policiers ou des militaires mais ils ont l'air tellement blasé par ce flot de véhicules ou d’êtres humains qu'ils ne sont pas intéressés à faire du zèle...faut pas oublier que ce sont des fonctionnaires.

Vue du Rio Paraná du Puente de la Amistad sans le bordel (durée du calme...le temps de la photo)
Présentation de Ciudad del Este

Ciudad del Este est la seconde ville en importance après la capitale Asunción avec une population d'environ 330 000 habitants. La ville est la capitale du département d'Alto Paraná. Elle est assez nouvelle car elle fut fondée en 1957 et s’appelait à l'origine Puerto Flor de Lis (Port de la Fleur de lys) puis fut débaptisée pour le nom de Puerto Presidente Stroessner qui fut le président du Paraguay de 1954 à 1988. Homme que l'on peut décrire par dictateur-tyran de ce pays et qui fut continuellement élu avec des modifications constitutionnelles. Dans les années 1970, il fera parti du Plan Condor des dictatures des pays d’Amérique du sud. On renomma la ville pour Ciudad del Este après la fin de la dictature.

Le centre-ville en lui-même est assez...comment dire: minable pour la simple raison que c'est une anarchie totale dans les bâtiments, des immeubles en cours de construction depuis des années et jamais finis, des trottoirs défoncés ou occupés par des marchands, des rues défoncées, un chaos complet dans les rues. Bref, on a envie de l’éviter tellement il y a rien à voir dans le centre-ville.



Aucun monument ancien à voir car ville trop nouvelle mais c'est vrai que j'ai seulement fait le centre-ville et non les alentours mais le peu que j'ai vu ne m'a pas impressionné non plus. Il y a quand même des parc ou des plazas en dehors du bordel. De plus, la propreté laisse vraiment à désirer avec des cartons, emballages estampillés allègrement ''made in China'', des plastiques, des papiers qui traînent dans les rues.


Donc vous allez vous dire quelle est la raison pour laquelle nous sommes venus à Ciudad del Este ou le pourquoi des tours opérateurs de venir ici. C'est simple à dire: La ville est la championne de la contrefaçon et de la pacotille dans toute sa splendeur. Les grandes marques se plaignent du plagiat qui existe mais je pense qu'ils ne sont jamais venus ici.

Incroyable mais tout, je dis TOUT, est contrefait. On vous vend tout cela dans la rue, les magasins, à la sauvette et tout cela sans problème de la part des autorités policières, municipales, politiques, etc. Les revenus doivent graisser la pâte de pas mal de gens. On a tendance à décrire ce genre de situation, un souk mais je n'oserais même pas le comparer à cela car dans un souk, on trouve de très belles choses, des épices, etc. Ici? Quedal! Que du plastoc, de la pacotille, du mauvais goût, de la camelote, de la verroterie, etc..

Voila ce que l'on trouve dans toutes les rues. A droite, les motos taxi qui font la navette entre le Brésil et ici
On ne parle pas seulement que des sacs Vuitton ou les contrefaçons classiques. On trouve des ordinateurs, des Ipod, des Mac, montres, lunettes de soleil, appareils photos, parfums, jouets, et beaucoup de vêtements dont on arrive à peine à voir le vrai du faux car même les étiquettes sont identiques à l'original. J'ai comparé des polos et pulls Tomy Hilfiger que j'ai vu dans la rue et un vrai magasin de la même marque à Toronto et on y voit que du feu. Sauf le prix bien sur car la contrefaçon coûte deux fois moins cher donc attractif pour les touristes.


Dans la rue, en voyant votre tête, vous êtes arrêtés toutes les sept minutes, montre en main, mais je n'ai pas trouvé les gens désagréables au point de vous faire fuir en courant ou de vous engueuler avec eux. Car la plupart des gens qui vendent ces bidouilles ne sont pas les plus riches et vendent cela pour se faire un peu d'argent. Mais ne pas se faire d'illusion que 80% de l'argent va aux grands marchands par derrière qui sont dans le majorité des cas des asiatiques, Taïwanais, Coréens et dans les dernières années beaucoup de Chinois. Une autre grande communauté de ces grossistes est celles des Libanais sunnites qui forment 10% de la population et qui sont arrivés au début du siècle dans le pays. On trouve aussi une petite communauté d'Iranien.

Ciudad Del Este est une zone franche où il est permis au particulier de réaliser des achats dans une ''certaine limite''. Mais par rapport à ce que j'ai vu, la ''certaine limite'' est très élastique car vous n'avez aucun contrôle aux frontières autant brésilienne que paraguayenne. Donc, vous pouvez charger votre coffre de voiture en toute conscience et sans probleme.


La cargaison provient à 95% de Chine d’après ce que j'ai pu voir. Un autre point est que vous verrez pas mal de camions paraguayens au port de Montevideo venir chercher des centaines de containers envoyés par des compagnies asiatiques chaque mois. Je pense que l'on doit sûrement voir pas mal de ces camions dans les ports du Brésil et ailleurs.

Fait à noter et qui m'amuse: les chauffeurs roulent à peu près tous dans des camions de la marque Scania car ils adorent cette marque. Camions d'occasion que j'ai vu arriver d'Hollande, d'Allemagne, de Pologne et qui sont recyclés en seconde main dans ce pays. J'ai vu deux arrivages de ces camions d'Europe au port de Montevideo et certains ont encore les plaques hollandaises. Par contre, ils ne roulent pas avec des camions de marque chintoc....
Direct d'Hollande
Le bleu d'Allemagne et le blanc de Pologne
Il existe quand même de l’artisanat perdu dans ce méli-mélo de contrefaçon mais encore, je me pose la question si c'est de la fabrication locale ou pas.

Artisanat un peu décrépi...mais je parle du stand et non de la personne ;)
Donc, une ville à vraiment éviter car il n'y a absolument rien à voir à moins d'aimer le bordel ou le chaos en 3D d'une ville dans toute son horreur. Je ne comprend pas pourquoi les tours opérateurs viennent dans cette ville. Ont-ils des ententes? Aucune idée mais j'aurais préféré faire autre chose du coté brésilien ou argentin.

Visite du barrage d'Itaipú

Nous avons visiter le barrage Itaipú après la ville de Ciudad del Este. Une autre attraction au catalogue des tours opérateurs.

Le barrage est une centrale hydroélectrique qui est situé sur le fleuve Paraná à la frontière entre le Brésil et le Paraguay. Barrage construit par les deux pays entre 1975 et 1982 (en plein durant les dictatures). La centrale est la seconde au monde en termes de puissance installée (14 000 MW) et reste la première en termes de quantité cumulée d’énergie produite. Itaipú qui signifie ''la pierre qui chante'' en langue locale Guaraní et qui faisait référence à la petite île située sur le fleuve avant la création du barrage. La majorité du Paraguay est chauffé et éclairé grâce à Itaipú.


Le lac de retenue que l'on peut apercevoir en faisant le tour à une superficie de 1 350km2 donc c'est assez impressionnant. Mais, en faisant le tour, on ne peut s’arrêter qu'une seule fois afin de prendre quelques photos d'un point de vue qui vous montre une partie de la monstruosité et de l’étendue de cette construction. 40 000 travailleurs furent employés pour la construction.


Le fameux lac de retenue ci-dessus qui a changé à jamais le paysage de la région.



Maintenant le côté noir de cette construction fut un impact énorme sur l’environnement car on inonda 1 500km2 de terres agricoles et de forets, déplacement de la population (plus ou moins 44 000 personnes dont surtout les populations indigènes que sont indiens Guaraní), destructions de villages, de la flore, de la faune et surtout l'engloutissement de los Saltos de Guairá (Cascade des sept chutes) qui était un site touristique et naturel très important en Amérique du sud. Ces chutes étaient aussi les plus importantes chutes d'eau du monde en volume avant sa mort dans un lac de retenue plat.

Ces chutes étaient considérées comme une des plus fascinantes formations naturelles de la planète mais ont été totalement détruites au nom de l’argent. Voici les chutes ci-dessous prises par des particuliers jusqu'en 1980 avant de disparaître. Quelle folie de détruire ce patrimoine!



Allez, j’arrête de vous montrer plus de photos sinon, on va faire déborder le lac de retenue avec nos larmes.

Sommaire

Définitivement, Ciudad del Este est à éviter à moins que l'on soit un(e) malade du shopping à petit prix et de piètre qualité. Rien à voir et rien à faire dans cette ville. Le barrage Itaipú est impressionnant mais une fois que l'on connaît son histoire et de ce qu'il a englouti à tout jamais (on ne vous en parle pas durant la visite), on se pose de sacré question malgré le fait que le pays soit devenu moins dépendant d'une autre source d’énergie qu'est le pétrole. Ne pas oublier que ce n'est pas un pays qui roule sur l'or.

Par contre, la culture Guaraní, qui est éparpillée sur les trois pays que sont l'Argentine, le Brésil et bien sur le Paraguay, est très intéressante. La plus grande communauté de Guaraní se trouvent au Paraguay. Cela serait dommage de faire l'impasse sur leur histoire pas toujours drôle. Ensuite, on m'a dit que la capitale Asunción n'est pas mal mais je ne la connais pas donc je ne peux pas vous en dire plus.

L'artisanat Guaraní

A bientôt

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