mardi 12 avril 2011

La bureaucratie Uruguayenne !

En tant que français et champion de la râle, nous avons toujours un mot à dire concernant nos chers fonctionnaires en les traitant de tout. C'est presque devenu un sport national de ''cracher'' sur nos fonctionnaires mais ce qui est quand même paradoxale est que tout le monde veut devenir un fonctionnaire pour avoir tous les avantages qu'ils ont et la sécurité de l'emploi (même si cela à tendance à disparaître). Allez comprendre !

Dans tous les pays, j'ai vécu de la bureaucratie mais je peux dire qu'à date, celle de l'Uruguay est un monstre d’inefficacité dans toute son horreur. J’écris ce sujet alors que je viens de m'installer depuis peu dans ce pays....ça promet pour la suite des choses ! Quand on parle d’inefficacité, c'est vraiment le top des top - médaille d'or. Nous pourrons rajouter que le service à la clientèle et le sourire sont deux choses dont ils n'ont jamais entendu parler dans toute leur vie. Même nos fonctionnaires français sont, à côté, des petits joueurs.

Je mentionne quand même que je parle peu la langue pour le moment donc c'est la débrouille complète (ou du suicide?). Pour éviter les longues attentes, je fais mes transactions en début d’après-midi et dans la semaine. Je vais vous démontrer le type de bureaucratie avec un exemple :

Dans mon autre sujet ''Immigration : obtenir la résidence'', je parle d'une démarche qui est de se procurer l’équivalent de son acte de naissance correspondant à celui de l'Uruguay. Sur papier, cette démarche à l'air simple mais dans la réalité... 
Les acteurs : Les fonctionnaires de la Dirección General del Registro de Estado Civil .

Je me présente au guichet du garde, lui explique que je veux l’équivalent de mon acte et m'envoie vers les bureaux qui se trouvent au fond du hall (l'enfer quoi...). Je prend un numéro et attend mon tour. Finalement, après que 2 ou 3 personnes te passent sous le nez car soit disant ils ont une information rapide à demander (c'est là que tu veux refaire un remake de massacre à la tronçonneuse), je tombe sur une dame qui regarde mes documents. Documents qui doivent, au préalable, avoir été légalisés, tamponnés et traduits. Cette charmante dame (voyez que je mets l'emphase sur charmante car cela ne se reproduira pas) me dit qu'il faut que je fasse une photocopie de tous les documents. Ah...une photocopie...

Elle m'explique qu'il y a un magasin à environ 3 quadras (coins de rue) du bureau. Pas sûr d'avoir compris toutes les directions en la quittant donc je vais confirmer avec une des dames des guichets du hall d’entrée. Oh malheur! Je tombe sur une tronche de cake de première qui est aussi aimable qu'une porte de prison. Elle m'explique que je dois faire une photocopie, bla bla bla...

Je sors prendre un peu l'air et trouve finalement pas loin du bureau le mot magique fotocopia. Je reviens, passe le hall et lance un regard foudroyant vers la tronche de cake. Évidemment, je reprends un numéro et ré-attends mon tour. Après avoir été proche d'1 ou 2 meurtres encore, la charmante dame prend mes documents originaux, agrafe un petit papier aux photocopies et me demande d'aller dans le hall afin de payer la transaction. En Uruguay, vous avez des caisses dans toutes les officines du gouvernement. Ce ne sera jamais la même personne qui fera les 2 transactions en 1. Je vais à la caisse dans le hall et paie pour mes documents. 

Je repars vers mon lieu que je commence à bien connaître et reprend un numéro. Cette fois-ci, je tombe sur autre dame qui fait concurrence à ma tronche de cake du hall. Elle me demande de compléter quelques infos et de m’asseoir. Je vois qu'elle va vers le fond de l'officine car une de ses collègues lui a amené un bout de tissus qu'il faut regarder. Elle va discuter ensuite avec un autre couillon qui avait l'air de s'endormir derrière son écran d'ordinateur (sans doute pour le tenir éveillé). Finalement, je la vois s’asseoir et 15 minutes plus tard, reviens me dire que mon document sera prêt dans 5 jours ! En sortant du bureau, je me suis aperçu que ma tronche de cake somnolait derrière son guichet et je ne mens pas ! Vous connaissez tous la chanson ''travailler, c'est trop dur....''

Bon, je suis parti de ce bureau un peu ébranlé car on m 'avait parlé de l’inefficacité mais j'en ai eu la preuve flagrante. Moyenne d'âge dans ce bureau : 60 ans et plus donc toutes ces personnes regardent à prendre la retraite le plus vite possible. Ne pas oublier qu'en Uruguay, un fonctionnaire a un travail pour la vie.

5 jours plus tard, je reviens et devinez quoi ? Arrêt de travail, assemblée générale donc bureau fermé et en grève ! Moi je sais pourquoi : Je pense qu'on a réveillé ma tronche de cake trop tôt et qu'elle a logé une plainte à son supérieur.

Je reviens le lendemain et je tombe sur une dame qui finalement me donnera le document requis mais sans avoir omis de remplir un autre papier, de me faire étamper mes documents deux fois de plus et de payer de nouveau afin de valider le document final.
Je suis prêt pour la suite! En garde....

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