vendredi 1 juillet 2011

Architecte: Víctor Rabu

Comme vous le savez (ou peut-être pas), il y a eu une forte immigration de français qui se sont installés en Uruguay fin XIXe siècle/début du XXe siècle, surtout en provenance des régions du Béarn et du Pays Basque. Mais d'autres français représentant les autres régions de France s'installeront aussi dans ce pays appelé à ce moment là ''La petite Suisse de l’Amérique du sud''. Cette arrivée d'immigrants français laissera un impact très important dans l'histoire culturelle du pays qui se voit encore de nos jours. Un de ces impacts sera l’influence de l'architecture française dans la ville de Montevideo.

Bon nombre d'architectes français auront une influence sur la ville dont Victor Rabu. Vous allez sûrement vous dire que vous n'avez jamais entendu parler de ce nom...et bien moi non plus jusqu’à que je lise dans un livre d'architecture uruguayen qu'il était originaire d'Agen! Et oui, je connais bien Agen et ses pruneaux car j'y ai vécu pas mal d'années mais je n'avais jamais entendu parler de cet architecte.

Victor Rabu est né en 1834 à Agen et décédera à Paris en 1907 tout en laissant un impact architectural remarqué sur Montevideo. A ses débuts, Victor Rabu était simplement un géomètre et arrivera en Uruguay en 1856 à la fin de la grande guerre. Il commencera à travailler pour l’ingénieur Aimé Aulbourg (un autre français) sur Montevideo. Fort de cette expérience, il deviendra petit à petit architecte. On pourra le classer dans le courant éclectisme.

Malheureusement, quelques unes des œuvres réalisées par Rabu ont disparu aujourd'hui, tel que l'édifice de la Bourse de commerce, au coin des rues Cerrito et Zabala, inauguré en 1867 et démoli en 1930 pour faire place à la construction de l'imposant immeuble de la Banco de la República. Une autre perte sera le théâtre Alcazar, petit théâtre de variétés, inauguré en 1869 mais disparu de nos jours aussi.

Par contre, certaines de ses œuvres sont toujours présentes dans Montevideo. Il sera celui qui rajoutera les ailes latérales au Teatro Solís (théâtre Solís) et construites entre 1863 et 1869.


La chapelle Jackson (Inglesia Sagrada Familia) qui se trouve dans le barrio El Prado (quartier du Prado) au nord de la ville . Cette œuvre, inaugurée dans les 1871, avait été faite à la demande de Clara Errasquin de Jackson. Vous remarquerez que cette chapelle est un peu la miniature de nos églises ou cathédrales car vous verrez des gargouilles, des ornements sur le toit, un clocher, une nef et le porche d’entrée de style gothique.


L'Iglesia de la Inmaculada Concepción o de los vacos (église de l'immaculée conception des Basques) finie en 1870. A ces débuts, cette église était appelée le temple français - photo(s) ci-dessous.



Il sera aussi celui qui dessinera le bâtiment de l'Asilo de Huérfanos (un asile/centre pour les orphelins) inauguré en 1875.

Asilo de Huérfanos
La maison de la famille Eastman (1880) qui fut une résidence de vacance (photo ci-dessous). Une structure classique revêtues d’éléments mauresques. Cette maison fut appelée aussi la Quinta de las Rosas à cause du jardin qui comportait d’énorme massifs de rosiers.


Actuellement, cette maison sert de quartier général pour l’armée et je n'ai pas pu prendre de photo à cause de gardes militaires un peu trop zélé dès que vous approchez un peu trop du portail (mais je l'aurais cette maison un de ces jours!).

L’église San Francisco de Asís (1864) construite dans la vieille ville de Montevideo (coin des rues Cerrito et Solís).  

Maintenant, si vous regardez de plus près le clocher et si vous connaissez la ville rose de Toulouse, vous vous apercevrez qu'il y a un air flagrant entre le clocher de cette église et celui de l’église St-Sernin de Toulouse. La photo de ci-dessous vous en montre plus. Frappant la ressemblance, n'est-ce pas?


En 1878 il est revenu en France et décédera à Paris à l'âge de 73 ans.
Toutefois ce qui est triste, c'est que je viens de regarder dans la ville d'Agen s'il existait une rue qui s'appelle Victor Rabu et je n'ai rien trouvé. Je suis à peu près sur que même la mairie n'a jamais entendu parler de ce personnage qui a laissé son empreinte dans ce grand petit pays d’Amérique du sud.
Allez Monsieur le maire...un petit effort...débaptisez une des rues d'un de nos trop nombreux répétitifs (et nuls) de politiciens français pour Victor Rabu. Ça lui ferait tellement plaisir car il a laissé une empreinte à vie dans ce pays!

Voici une photo d’époque de la Bolsa de comercio (bourse de commerce), bâtiment construit par Victor Rabu en 1868. Aujourd'hui, cette bourse de commerce a laissé la place au bâtiment de la Banco de la República Oriental del Uruguay (BROU). Je trouve ce bâtiment fantastique et c'est bien dommage qu'il a été detruit.


Hasta Luego

Photos de JFMazel
Source(s): Juan Guiria "La Arquitectura en el Uruguay" Tomo II de 1830 a 1900
Source(s): Intendencia de Montevideo
Photo(s) ancienne(s): Montevideo a través del tiempo

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