dimanche 20 mai 2012

CUTCSA: L'histoire du transport collectif

Si un jour, vous vous promenez dans les rues de Montevideo, vous allez vous apercevoir qu'il y a de nombreuses compagnies de transports collectifs (bus) dont une qui est très présente en ville et qui s'appelle la C.U.T.C.S.A. (on dit ''coutsa''). Quand j'ai demandé à deux ou trois personnes de mon entourage ce que voulait dire ce sigle, personne n'a pu me répondre. Donc, j'ai fait une recherche sur ce nom en particulier et je vais vous donner la réponse. En même temps, je vais expliquer l'histoire et l'évolution du transport terrestre collectif de personnes en Uruguay mais particulièrement dans la capitale qu'est Montevideo. Les deux sont plus ou moins reliés.

La naissance du transport collectif à Montevideo comme dans d'autres capitales évolue peu à peu avec la croissance de la ville et la nécessité de communication. Le transport terrestre collectif de personnes au XVIIIe siècle à Montevideo et ses environs a été pratiquement nul. Ceci s'explique par une population peu nombreuse dans la ville et des autres centres urbains du pays. Il faut ajouter à cela une inexistence de chemins ou de routes praticables.

Montevideo fut fondée en 1725 et fut à ses débuts une petite ville entourée de murailles qui faisait environ onze pâté de maisons de longueur sur sept de large et où la majorité des déplacements se faisaient à pied. Quand il était nécessaire de se déplacer en dehors de la ville, on recourait soit au cheval, soit avec des chariots ou des charrettes.

Après avoir obtenu l'indépendance du pays, les premiers prémices de croissance sont apparus, d'abord avec la fondation des premiers quartiers comme La Aguada et Cordon. Par la suite, aux alentours de 1834, les hameaux de Villa Cosmopolis (aujourd'hui connu comme le quartier du Cerro) et de Cardal surgiront de terre aussi.

Pendant les années suivantes, le développement de Montevideo et de quelques villes ou villages de l'intérieur du pays pousseront à la nécessité de créer des moyens de transport afin de communiquer entre les gens ou bien d'envoyer des paquets.

Vers 1870, la diligence commença a être utilisée comme moyen de transport de personnes à partir de Montevideo et ses environs. Ces services de diligence étaient surtout utilisés par les fonctionnaires civils ou les militaires toutefois le transport de familles était presque une exception. Jusqu'à la fin de la Grande Guerre, il n'a pas existé d'autre forme de transport.

Le 3 décembre 1852, le premier service de diligence est inauguré entre Minas et Montevideo. Peu de temps après, M. Norbert Larravide, prospère commerçant de Buenos Aires qui venait de s'installer dans la ville, décida de doter Montevideo de son premier service d'omnibus à cheval. Il importa d'Angleterre 6 de ces véhicules et furent inaugurés le 10 mai 1853. Cette ligne partira du café de M. Lasnier, situé au coin de l'Avenida 18 de Julio et de la rue Andes et finira à l' hôtel de Benjamin Pérez dans le hameau d'Unión . Le prix du billet était de ''six vintenes''.


Déjà à la fin du XIXe siècle, le transport collectif de personnes sera réalisé au moyen des tramways tirés par de petits chevaux. Par contre, pour les chemins, les rues ''primitives'' pavées ou les chemins de terre de la ville, la diligence reste de mise.

Connaissant la faiblesse économique des entreprises qui réalisaient le service de tramway à cheval et conscient du potentiel du marché de Montevideo à la fin du XIXe siècle, deux entreprises de capitaux étrangers (une allemande et l'autre anglaise) s'installeront dans Montevideo dont le but commercial était l'installation et l'exploitation d'un service de tramways électriques, ce qui rendra les entreprises de tramway à cheval hors course.

Ce processus a fait qu'au XXe siècle, à l'exception du "Tranvia del Norte'' (tramway du Nord) qui avait une petite participation sur le marché, le transport collectif de passagers de Montevideo était aux mains de deux entreprises qui concouraient et pariaient sur l'électrification (j'en ai parlé dans ce sujet). La croissance vertigineuse de la ville et la construction de nouveaux quartiers réclamait de nouveaux services mais les entreprises se montraient réticentes de prolonger et d'augmenter la quantité des tramways.

En 1912, le Ministère de Travaux publics, qui n'est pas d'accord avec le manque de réponse des entreprises et consciente en plus du monopole de capitaux étrangers dans le transport de Montevideo qui n'était pas le meilleur pour la ville se résolut à l'importation de véhicules à moteur afin de mettre en place des services compétitifs. Ne pas oublier que beaucoup de rues avaient un pavage lamentable ce qui donnait un avantage aux véhicules à moteur par rapport aux tramways.

Alors le 13 juin 1926, Monsieur Pedro Reyno, avec l'autorisation municipale, va créer sa compagnie "Compañia Uruguaya de Ómnibus'' (Compagnie Uruguayenne d'Omnibus) avec un petit omnibus italien de marque Lancia marque et carrossé par Casas y Vals. Il baptisera son bus ''El Baúl'' (le coffre). Il inaugure le service avec le parcours suivant: Plaza Independencia=>18 de Julio=>8 de Octubre jusqu’à Larrañaga qui est aujourd’hui l'Avenida Dr. Luis A. De Herrera. Montevideo se trouve face à son premier parcours urbain de transport de passagers en bus et ce premier parcours se trouve de front et en concurrence avec les tramways.

À ce pionnier se rallièrent d'autres enthousiastes entrepreneurs du ''volant'' qui s'occuperont du transport des passagers. Ces bus étaient identifiés par différentes couleurs de peinture.
La date du 27 septembre 1926 sera celle de la premiere Asamblea del Centro de Propietarios de Ómnibus (assemblée centrale des propriétaires d'omnibus) qui deviendra le ''noyau'' des chauffeurs. Ils se regrouperont en coopératives dénommées par leurs lignes respectives. De tout cela, une lutte vigoureuse commencera entre les chauffeurs de bus et les compagnies de tramways qui essaieront d'absorber les services d'autobus. De leur côté, les chauffeurs essaieront de casser le monopole des trams.

Finalement le 13 mai 1937, l'union finale des différentes coopératives dans une entreprise unique nommée avec le sigle C.U.T.C.S.A (Cooperativa Uruguaya de Transportes Colectivos Sociedad Anónima) naîtra.

Le 16 août 1937 commenceront à circuler sous la dénomination C.U.T.C.S.A, la flotte des 526 autobus. Les différentes couleurs se substitueront lentement à la couleur blanche avec une bande rouge. Depuis ce moment commencera un processus de consolidation et de croissance tout en renouvelant périodiquement les unités utilisées.

La C.U.T.C.S.A sera pendant très longtemps sous influence espagnole. Non pas parce que la compagnie était sous capitaux espagnols ou appartenait à un groupe espagnol mais parce que la majorité des chauffeurs et des guardas étaient de ou originaire de Galicie. On devait montrer patte blanche ou plutôt patte galicienne afin de joindre les rangs de la compagnie. Aujourd'hui, ceci n'existe plus vraiment bien que l'on voit encore des autocollants du drapeaux espagnol à côté de celui de l'Uruguay mais c'est plus pour montrer les origines de la famille du chauffeur.

La flotte est maintenant de couleur grise avec une bande rouge qui fait le tour du bus.

Ci-dessous, quelques bus qui ont été rénovés et qui appartiennent ou appartenu à des compagnies de transport de Montevideo.
ACLO Regal
ACLO Regal
Leyland MCW Olympic (1949-1971) ex-C.U.T.C.S.A. mais qui roule toujours pour un organisme
ACLO Regal Mark VI (1962) (de la compagnie C.O.E.T.C.)
Mercedes-Benz LO 1113 de la C.U.T.S.C.A. qui roulait encore en 2007
A bientôt

1 commentaire:

  1. Tu sais moi j´ai voyagé ( il y a belle lurette ) dans le bus ouvert derrière, le Aclo regal , les deux premières photos. C´ était marrant !!!! .
    Il y avait aussi une autre compagnie , bleu , A.M.D.E.T que voulait dire Administración Municipal de trolebuses qu´en rigolant on disait Artigas Murió Desesperado Esperando el Tranvía !!!!!!!!!!!!!
    A la prochaine

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